Maître de cérémonie

1°. Définition de l’activité

Le maître de cérémonie est un professionnel du service public des pompes funèbres dont l’activité consiste à veiller au bon déroulement de la cérémonie d’obsèques jusqu’à la mise en bière du défunt.

À ce titre, il est chargé de l’encadrement des équipes (porteurs, chauffeurs, assistants) et de l’animation de la cérémonie auprès des familles.

2°. Qualifications professionnelles

a. Exigences nationales

Législation nationale

Pour exercer l’activité de maître de cérémonie, l’intéressé doit être qualifié professionnellement.

Toutefois, sont réputés qualifiés, les professionnels ayant soit :

  • exercé cette activité durant un an à compter du 10 mai 1995, le cas échéant, il est réputé avoir suivi la formation professionnelle ;

  • effectué la formation professionnelle et ayant, au premier 1er janvier 2013, exercé cette activité en France ou au sein d’un État membre de l’Union européenne (UE) ou d’un État partie à l’accord sur l’Espace économique européen (EEE) depuis au moins six mois ou l’a exercé pendant au moins six mois entre le 1er janvier 2011 et le 31 décembre 2012.

Pour aller plus loin : articles L. 2223-25-1 et D. 2223-55-2 du Code général des collectivités territoriales.

Formation

Pour être qualifié professionnellement l’intéressé doit, dans un délai d’un an à compter de la signature de son contrat, obtenir un diplôme de maître de cérémonie et avoir suivi une formation délivrée par un organisme habilité, portant sur l’activité de « maître de cérémonie, chargé de la coordination du déroulement des diverses cérémonies qui ont lieu de la mise en bière jusqu’à l’inhumation ou la crémation d’un défunt ».

Cette formation d’une durée de 70 heures est composée :

  • d’une formation théorique portant sur les matières suivantes :

    • l’hygiène, la sécurité et l’ergonomie (7 heures),

    • la législation et la réglementation funéraire (14 heures),

    • la psychologie et la sociologie du deuil (14 heures),

    • les pratiques et les rites funéraires (14 heures),

    • la conception et l’animation d’une cérémonie (14 heures),

    • l’encadrement d’une équipe (7 heures) ;

  • d’une évaluation pratique réalisée au sein d’un établissement titulaire d’une habilitation préfectorale délivrée dans les conditions des articles R. 2223-56 à R. 2223-65 du Code général des collectivités territoriales.

À l’issue de sa formation et après avoir réussi l’ensemble des examens et évaluations, le professionnel se voit remettre son diplôme, lui conférant ainsi son aptitude professionnelle.

Pour aller plus loin : articles D. 2223-55-2 à D. 2223-55-14 du Code général des collectivités territoriales ; arrêté du 30 avril 2012 portant application du décret n° 2012-608 du 30 avril 2012 relatif aux diplômes dans le secteur funéraire.

Coûts associés à la qualification

La formation menant à l’activité de maître de cérémonie est payante et son coût varie selon l’établissement choisi. Il est conseillé de se rapprocher de l’établissement concerné pour de plus amples informations.

b. Ressortissants UE : en vue d’un exercice temporaire et occasionnel (Libre Prestation de Services (LPS))

Tout ressortissant de l’UE ou de l’EEE, légalement établi et exerçant l’activité de maître de cérémonie, peut exercer à titre occasionnel et temporaire la même activité en France.

Pour cela, l’intéressé doit :

  • lorsque ni l’accès à l’activité ni son exercice ne sont réglementés dans cet État membre, justifier avoir exercé dans un État membre cette activité pendant au moins un an au cours des dix dernières années ;

  • exercer au sein d’un établissement habilité par le préfet du département où se situe son siège social (cf. articles R. 2223-56 à R. 2223-65 du Code général des collectivités territoriales).

Pour aller plus loin : articles L. 2223-47 à L. 2223-51 du Code général des collectivités territoriales.

c. Ressortissants UE : en vue d’un exercice permanent (Libre Etablissement (LE))

Tout ressortissant d’un État de l’UE ou de l’EEE légalement établi et exerçant l’activité de maître de cérémonie, peut exercer en France à titre permanent, la même activité.

Pour cela, l’intéressé doit justifier d’une expérience acquise au cours des dix dernières années :

  • soit en qualité de dirigeant ou d’indépendant de :

    • trois années consécutives au sein de cette activité,

    • deux années consécutives, dès lors qu’il justifie d’une formation préalable et est titulaire d’une attestation reconnu par l’État membre où il a exercé,

    • deux années consécutives dès lors qu’il justifie avoir exercé cette activité pendant trois ans en tant que salarié ;

  • soit en tant que salarié et justifier avoir suivi une formation préalable sanctionnée par une attestation délivrée dans cet État membre.

Si le ressortissant ne justifie pas de l’une de ces expériences, il doit néanmoins justifier soit :

  • être titulaire d’une attestation de compétences ou d’un titre de formation lui permettant d’exercer l’activité de maître de cérémonie délivrée dans un État membre réglementant l’exercice de cette activité ;

  • avoir exercé cette activité pendant au moins un an au cours des dix dernières années et être titulaire d’une attestation de compétences ou titre de formation lorsque l’État membre ne réglemente pas l’accès ni l’exercice de cette activité. Cette expérience n’est pas exigée si l’attestation certifie une formation réglementée.

Dès lors qu’il remplit ces conditions le professionnel doit effectuer une demande de reconnaissance de qualification (cf. infra « 5°. a. Demande de reconnaissance de qualification en vue d’un exercice permanent (LE) »).

Pour aller plus loin : articles L. 2223-48 et D. 2223-55-7 du Code général des collectivités territoriales.

3°. Conditions d’honorabilité, règles déontologiques, éthique

Le maître de cérémonie est tenu au respect du règlement national des pompes funèbres.

À ce titre, il doit notamment :

  • veiller à respecter les dispositions en matière d’information des familles et notamment des mentions obligatoires sur les devis et bons de commande émis. Ces dispositions sont fixées aux articles R. 2223-24 à R. 2223-32-1 du Code général des collectivités territoriales (informations relatives au professionnel et à la nature des prestations proposées) ;

  • proposer et respecter les exigences en matière de formules de financement en prévision d’obsèques (cf. article R. 2223-33 du Code général des collectivités territoriales).

Pour aller plus loin : articles R. 2223-23-5 et suivants du Code général des collectivités territoriales.

4°. Sanctions pénales

Le professionnel encourt une amende de 75 000 euros dès lors qu’il offre des services en prévision d’obsèques ou dans un délai de deux mois suivants le décès en vue d’obtenir la commande de fournitures ou de prestations liées à un décès. Les démarchages sur la voie publique en vue d’obtenir ces mêmes prestations sont également interdits.

En outre est puni d’une peine de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende le fait pour un professionnel de proposer directement ou non des avantages quelconques (offres, dons, promesses etc.) a des personnes ayant connaissance d’un décès à l’occasion de leur activité en vue d’obtenir la conclusion de prestations liées au décès ou qu’elle recommande les services du professionnel.

Pour aller plus loin : articles L. 2223-33 et L. 2223-35 du Code général des collectivités territoriales.

5°. Démarches et formalités de reconnaissance de qualification

a. Demande de reconnaissance de qualification en vue d’exercer à titre permanent

Autorité compétente

Le professionnel doit adresser sa demande au préfet du département où il exerce.

Pièces justificatives

La demande s’effectue par le dépôt d’un dossier comportant les pièces justificatives suivantes :

  • une pièce d’identité en cours de validité ;

  • une attestation de compétence ou un titre de formation délivrés par une autorité compétente ;

  • toute attestation justifiant, le cas échéant, que le ressortissant a exercé l’activité d’agent d’accueil funéraire pendant un an à temps plein ou à temps partiel, au cours des dix dernières années, dans un État membre qui ne réglemente pas la profession.

Procédure

Le préfet accuse réception de la demande dans un délai mois et l’informe en cas de document manquant. Le préfet fait procéder à la vérification des qualifications professionnelles et le cas échéant, peut décider de le soumettre à une mesure de compensation (cf. ci-après « Bon à savoir : mesures de compensation »).

Pour aller plus loin : articles R. 2223-133 et suivants du Code général des collectivités territoriales.

Bon à savoir : mesures de compensation

Lorsqu’il existe des différences substantielles entre la formation reçue par le professionnel et celle requise pour exercer l’activité de maître de cérémonie, le préfet de département peut exiger qu’il se soumette au choix à une épreuve d’aptitude ou à un stage d’adaptation.

Le stage d’adaptation consiste à exercer auprès d’un professionnel les fonctions d’un maître de cérémonie pendant une durée maximale de deux ans. L’épreuve d’aptitude quant à elle, porte sur la vérification de l’ensemble des connaissances du professionnel fixées à l’article 2 de l’arrêté du 25 août 2009 portant mise en œuvre de la vérification des connaissances et des mesures compensatoires pour la reconnaissance des qualifications professionnelles dans le secteur funéraire.

Pour aller plus loin : article L. 2223-50 du Code général des collectivités territoriales.

b. Voies de recours

Centre d’assistance français

Le Centre ENIC-NARIC est le centre français d’information sur la reconnaissance académique et professionnelle des diplômes.

SOLVIT

SOLVIT est un service fourni par l’Administration nationale de chaque État membre de l’UE ou partie à l’accord sur l’EEE. Son objectif est de trouver une solution à un différend opposant un ressortissant de l’UE à l’Administration d’un autre de ces États. SOLVIT intervient notamment en matière de reconnaissance des qualifications professionnelles.

Conditions

L’intéressé ne peut recourir à SOLVIT que s’il établit :

  • que l’Administration publique d’un État de l’UE n’a pas respecté les droits que la législation européenne lui confère en tant que citoyen ou entreprise d’un autre État de l’UE ;

  • et qu’il n’a pas déjà initié d’action judiciaire (le recours administratif n’est pas considéré comme tel).

Procédure

Le ressortissant doit remplir un formulaire de plainte en ligne. Une fois son dossier transmis, SOLVIT le contacte dans un délai d’une semaine pour demander, si besoin, des informations supplémentaires et pour vérifier que le problème relève bien de sa compétence.

Pièces justificatives

Pour saisir SOLVIT, le ressortissant doit communiquer :

  • ses coordonnées complètes ;

  • la description détaillée de son problème ;

  • l’ensemble des éléments de preuve du dossier (par exemple, la correspondance et les décisions reçues de l’autorité administrative concernée).

Délai :

SOLVIT s’engage à trouver une solution dans un délai de dix semaines à compter du jour de la prise en charge du dossier par le centre SOLVIT du pays dans lequel est survenu le problème.

Coût

Gratuit.

Issue de la procédure

À l’issue du délai de dix semaines, le SOLVIT présente une solution :

  • si cette solution règle le différend portant sur l’application du droit européen, la solution est acceptée et le dossier est clos ;

  • s’il n’y a pas de solution, le dossier est clos comme non résolu et renvoyé vers la Commission européenne.

Informations supplémentaires

SOLVIT en France : Secrétariat général des affaires européennes, 68 rue de Bellechasse, 75700, Paris, (site officiel).