Auxiliaire de puériculture

1°. Définition de l’activité

L’auxiliaire de puériculture est un professionnel qui dispense des soins, sous la responsabilité de l’infirmier ou de la puéricultrice, et réalise des activités d’éveil et d’éducation pour préserver et restaurer la continuité de la vie, le bien-être et l’autonomie de l’enfant. Il participe aussi à l’accueil et à l’intégration sociale d’enfants porteurs de handicap, atteints de maladies chroniques ou en situation de risques d’exclusion.

Pour aller plus loin : annexe I de l’arrêté du 16 janvier 2006 relatif à la formation conduisant au diplôme d’État d’auxiliaire de puériculture.

2°. Qualifications professionnelles

a. Exigences nationales

Législation nationale

Peuvent exercer la profession d’auxiliaire de puériculture les personnes titulaires du diplôme d’État d’auxiliaire de puériculture, du certificat d’aptitude aux fonctions d’auxiliaire de puériculture ou du diplôme professionnel d’auxiliaire de puériculture.

Pour aller plus loin : article L. 4392-1 du code de la santé publique.

Formation

Le diplôme d’État d’auxiliaire de puériculture se prépare, le plus souvent, en dix mois de formation continue (ou dix-huit mois en cas de formation discontinue).

La formation, qui s’effectue au sein d’une école spécialisée ou en institut de formation, est ouverte à toutes les personnes âgées de plus de dix-sept ans qui réussissent le concours d’entrée dans l’un des instituts ou écoles de formation. En revanche, aucune condition de diplôme n’est requise.

L’admission définitive dans un institut de formation d’auxiliaires de puériculture est subordonnée à la production d’un certificat médical, établi par un médecin agréé, attestant que le candidat ne présente pas de contre-indication physique ou psychologique à l’exercice de la profession et que ses vaccinations sont conformes à la réglementation en vigueur.

Le diplôme d’État peut également être obtenu par validation des acquis de l’expérience (VAE). Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site officiel de la VAE.

Pour aller plus loin : arrêté du 16 janvier 2006 précité.

Coûts associés à la qualification

La formation d’auxiliaire de puériculture est payante. Son coût varie, selon les organismes de formation, entre 2 000 et 5 000 euros environ (montant à titre indicatif). Pour plus d’informations, il est conseillé de se rapprocher du centre de formation considéré.

b. Ressortissants UE : en vue d’un exercice temporaire et occasionnel (Libre Prestation de Services)

Le ressortissant d’un État membre de l’Union européenne (UE) ou partie à l’accord sur l’Espace économique européen (EEE), légalement établi dans un de ces États peut exercer la même activité en France de manière temporaire et occasionnelle à condition d’avoir adressé au préfet de département du lieu d’exécution de la prestation une déclaration préalable d’activité.

Si ni l’accès, ni la formation y conduisant, n’est réglementé dans l’État membre d’origine ou l’État du lieu d’établissement, le ressortissant doit également justifier y avoir exercé cette activité pendant au moins l’équivalent de deux années à temps complet au cours des dix dernières années précédant la prestation.

Les qualifications professionnelles du prestataire sont vérifiées avant la première prestation de services. En cas de différence substantielle entre les qualifications du prestataire et la formation exigée en France, de nature à nuire à la santé publique, l’autorité compétente demande au prestataire d’apporter la preuve qu’il a acquis les connaissances et compétences manquantes, notamment au moyen de mesures de compensation (cf. infra « Bon à savoir : mesures de compensation »).

Dans tous les cas, le ressortissant européen désireux d’exercer en France de manière temporaire ou occasionnelle doit posséder les connaissances linguistiques nécessaires à l’exercice de l’activité et maîtriser les systèmes de poids et mesures utilisés en France.

Pour aller plus loin : articles L. 4392-4 et L. 4392-5 du code de la santé publique.

c. Ressortissants UE : en vue d’un exercice permanent (Libre Établissement)

Le ressortissant d’un État de l’UE ou de l’EEE souhaitant exercer la profession d’auxiliaire de puériculture en France de manière permanente doit obtenir une autorisation d’exercer.

Les ressortissants de l’UE ou de l’EEE ayant suivi avec succès un cycle d’études secondaires peuvent être autorisés à exercer en France s’ils sont titulaires :

  • d’un titre de formation délivré par un État de l’UE ou de l’EEE dans lequel l’accès ou l’exercice de la profession est réglementé et qui permet d’y exercer légalement ;
  • d’un titre de formation délivré par un État de l’UE ou de l’EEE dans lequel ni l’accès, ni l’exercice de la profession n’est réglementé, accompagné d’une attestation justifiant de l’exercice, dans cet État, de cette activité pendant au moins l’équivalent de deux ans à temps complet au cours des dix dernières années ;
  • d’un titre de formation, délivré par un État tiers, reconnu dans un État de l’UE ou de l’EEE, autre que la France, permettant d’y exercer légalement la profession.

Les ressortissants souhaitant exercer en France la profession d’auxiliaire de puériculture doivent posséder les connaissances linguistiques nécessaires à l’exercice de leur activité et celles relatives aux systèmes de poids et de mesures utilisés en France.

Lorsque l’examen des qualifications professionnelles fait apparaître des différences substantielles au regard des qualifications requises pour l’accès à la profession et son exercice en France, l’intéressé pourra être soumis, selon son choix, à une épreuve d’aptitude ou un stage d’adaptation (cf. infra : « Bon à savoir : mesures de compensation »).

Pour aller plus loin : articles L. 4392-2 et L. 4392-5 du code de la santé publique.

3°. Conditions d’honorabilité, règles déontologiques, éthique

Obligation de formation professionnelle continue

Les auxiliaires de puériculture doivent participer annuellement à un programme de développement professionnel continu. Ce programme vise à maintenir et actualiser leurs connaissances et leurs compétences ainsi qu’à améliorer leurs pratiques professionnelles.

À ce titre, le professionnel de santé (salarié ou libéral) doit justifier de son engagement dans une démarche de développement professionnel. Le programme se présente sous la forme de formations présentielles, mixtes ou non-présentielles. L’ensemble des formations suivies est consigné dans un document personnel contenant les attestations de formation.

Pour aller plus loin : décret du 30 décembre 2011 relatif au développement professionnel continu des professionnels de santé paramédicaux.

4°. Assurances

En cas d’exercice libéral, l’auxiliaire de puériculture a l’obligation de souscrire une assurance de responsabilité professionnelle. En revanche, s’il exerce en tant que salarié, cette assurance n’est que facultative. En effet, dans ce cas, c’est à l’employeur de souscrire pour ses salariés une telle assurance pour les actes effectués à l’occasion cette activité.

5°. Démarche et formalités de reconnaissance de qualification

a. Effectuer une déclaration préalable d’activité pour les ressortissants de l’UE exerçant une activité temporaire et occasionnelle (LPS)

Tout ressortissant de l’UE ou de l’EEE qui est établi et exerce légalement l’activité d’auxiliaire de puériculture dans un État de l’UE ou de l’EEE peut exercer en France la même profession de manière temporaire ou occasionnelle s’il en fait la déclaration préalable.

Si ni l’accès, ni l’exercice de cette activité n’est réglementé dans l’État d’exercice de l’UE ou de l’EEE, l’intéressé doit fournir les preuves d’un exercice professionnel d’au moins l’équivalent de deux ans à temps complet au cours des dix dernières années.

Les qualifications professionnelles de l’intéressé sont vérifiées avant la première prestation de services. En cas de différences substantielles entre les qualifications de l’intéressé et la formation exigée en France, le prestataire pourra être amené à apporter la preuve qu’il a acquis les connaissances et compétences manquantes, notamment au moyen de mesures de compensation (cf. infra : « Bon à savoir : mesures de compensation »).

Autorité compétente : la déclaration préalable d’activité doit être adressée, avant la première prestation, à la direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS) du Pays de la Loire.

Renouvellement de la déclaration préalable : la déclaration préalable doit être renouvelée une fois par an si le prestataire souhaite effectuer une nouvelle prestation en France.

Procédure : le ministre chargé de la santé se prononce après avis de la commission des auxiliaires de puériculture de la région Pays de la Loire. Dans un délai d’un mois après réception de la déclaration, le ministre informe l’intéressé qu’il peut, ou non, commencer la prestation de services ou qu’il doit apporter la preuve qu’il a acquis les connaissances et compétences manquantes, notamment au moyen de mesures de compensation.

Le ministre peut également dans le délai d’un mois de réception de la déclaration, informer de la nécessité d’un complément d’informations. Dans ce cas, le ministre dispose de deux mois à compter de la réception des informations complémentaires pour informer l’intéressé s’il peut ou non débuter sa prestation de services.

En l’absence de réponse du ministre chargé de la santé dans les délais précisés, la prestation de services peut débuter.

Délivrance du récépissé : le ministre chargé de la santé enregistre le prestataire de santé sur une liste particulière et lui adresse un récépissé comportant son numéro d’enregistrement. Le prestataire doit alors informer l’organisme national d’assurance compétent de sa prestation par l’envoi d’une copie dudit récépissé.

Pièces justificatives :

  • le formulaire de déclaration rempli dont le modèle est présenté en annexe de l’arrêté du 24 mars 2010 fixant la composition du dossier à fournir aux commissions d’autorisation d’exercice compétentes pour l’examen des demandes présentées en vue de l’exercice en France des professions d’aide-soignant, auxiliaire de puériculture et ambulancier ;
  • la photocopie d’une pièce d’identité, complétée le cas échéant par une attestation de nationalité ;
  • la photocopie du ou des titre(s) de formation (traduit(s) en français par un traducteur agréé) ;
  • une attestation de l’autorité compétente de l’État d’établissement de l’UE ou de l’EEE certifiant que l’intéressé est légalement établi dans cet État et n’encourt aucune interdiction d’exercer (traduite en français par un traducteur agréé).

Coût : gratuit

Pour aller plus loin : articles L. 4392-4, R. 4392-5, R. 4331-12 à R. 4331-15 du code de la santé publique, arrêté du 24 mars 2010 précité et arrêté du 11 août 2010 portant désignation des commissions régionales chargées de donner un avis sur les déclarations de libre prestation de services pour les auxiliaires médicaux, les aides-soignants, les auxiliaires de puériculture et les ambulanciers.

b. Formalités pour les ressortissants de l’UE en vue d’un exercice permanent (LE)

Demander une autorisation d’exercer

Le ressortissant d’un État de l’UE ou de l’EEE doit obtenir une autorisation pour pouvoir exercer à titre permanent la profession d’auxiliaire de puériculture sur le territoire français.

Autorité compétente : la demande doit être adressée au préfet de région du lieu d’établissement de l’intéressé. Le préfet délivre l’autorisation d’exercice, après avis de la commission des auxiliaires de puériculture.

Procédure : l’intéressé doit adresser sa demande en double exemplaire par lettre recommandée avec avis de réception accompagnée d’un dossier complet à la direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS) du lieu où il souhaite exercer.

Délais : le préfet de région doit, dans un délai d’un mois à compter de la réception de la demande accompagnée du dossier complet, en accuser réception. En cas de dossier incomplet, le préfet doit indiquer les pièces manquantes et le délai dans lequel elles doivent lui être communiquées.

En cas de silence gardé par le préfet pendant quatre mois à compter de la réception de la demande, la demande d’autorisation est considérée comme rejetée.

Pièces justificatives :

  • le formulaire de demande d’autorisation d’exercice de la profession dont le modèle est fourni en annexe de l’arrêté du 24 mars 2010 ;
  • une photocopie d’une pièce d’identité en cours de validité ;
  • une copie du titre de formation permettant l’exercice de la profession dans le pays d’obtention ;
  • une copie des diplômes complémentaires le cas échéant ;
  • toutes les pièces utiles justifiant des formations continues, de l’expérience et des compétentes acquises au cours de l’expérience professionnelle dans un État de l’UE, de l’EEE ou un État tiers ;
  • une déclaration de l’autorité compétente de l’État de l’UE ou de l’EEE d’établissement, datant de moins d’un an attestant de l’absence de sanctions ;
  • une copie des attestations des autorités ayant délivré le titre de formation spécifiant le niveau de formation, le détail des enseignements année par année ainsi que le contenu et la durée des stages effectués ;
  • pour les intéressés qui ont exercé dans un État de l’UE ou de l’EEE qui ne réglemente ni l’accès à la profession ni son exercice, toutes les pièces justifiant d’un exercice dans cet État pendant l’équivalent de deux ans à temps complet au cours des dix dernières années ;
  • pour les intéressés titulaires d’un titre de formation délivré par un État tiers et reconnu dans un État de l’UE ou de l’EEE, autre que la France, la reconnaissance du titre de formation établie par les autorités de l’État ayant reconnu ce titre.

À savoir : le cas échéant, les pièces doivent être traduites en français par un traducteur agréé.

Voies de recours : en cas de rejet de la demande d’autorisation, l’intéressé peut initier :

  • un recours gracieux auprès du préfet de région qui a pris la décision dans un délai de deux mois à compter de la décision (implicite ou exprès) de rejet ;
  • un recours hiérarchique devant le ministre chargé de la santé dans un délai de deux mois à compter de la décision (implicite ou exprès) de rejet ;
  • un recours contentieux devant le tribunal administratif territorialement compétent dans un délai de deux mois à compter de la décision (implicite ou exprès) de rejet.

Pour obtenir l’autorisation d’exercer, l’intéressé peut être amené à se soumettre à une épreuve d’aptitude ou un stage d’adaptation s’il apparaît que les qualifications et l’expérience professionnelles dont il se prévaut sont substantiellement différentes de celles requises pour l’exercice de la profession en France (cf. Infra « Bon à savoir »).

Bon à savoir : mesures de compensation : pour obtenir l’autorisation d’exercer, l’intéressé peut être amené à se soumettre à une épreuve d’aptitude ou à un stage d’adaptation, s’il apparaît que les qualifications et l’expérience professionnelles dont il se prévaut sont substantiellement différentes de celles requises pour l’exercice de la profession en France.

Si des mesures de compensation sont jugées nécessaires, le préfet de région compétent pour délivrer l’autorisation d’exercice indique à l’intéressé qu’il dispose d’un délai de deux mois pour choisir entre l’épreuve d’aptitude et le stage d’adaptation.

L’épreuve d’aptitude : la DRJSCS qui organise les épreuves d’aptitude doit convoquer l’intéressé par lettre recommandée avec avis de réception au moins un mois avant le début des épreuves. Cette convocation mentionne le jour, l’heure et le lieu de l’épreuve.

L’épreuve d’aptitude peut prendre la forme d’interrogations écrites ou orales notées sur 20 portant sur chacune des matières qui n’ont pas été enseignées initialement ou non acquises au cours de l’expérience professionnelle.

L’admission est prononcée à la condition que l’intéressé ait obtenu une moyenne minimale de 10 sur 20 et ce, sans note inférieure à 8 sur 20. Les résultats de l’épreuve sont notifiés à l’intéressé par le préfet de région.

En cas de réussite, le préfet de région autorise l’intéressé à exercer la profession.

Le stage d’adaptation : il s’effectue dans un établissement de santé public ou privé agréé par l’agence régionale de santé (ARS). Le stagiaire est placé sous la responsabilité pédagogique d’un professionnel qualifié exerçant la profession depuis au moins trois ans et qui établit un rapport d’évaluation.

Le stage, qui comprend éventuellement une formation théorique complémentaire, est validé par le responsable de la structure d’accueil sur proposition du professionnel qualifié évaluant le stagiaire.

Les résultats du stage sont notifiés à l’intéressé par le préfet de région.

La demande d’autorisation d’exercice est ensuite prise après un nouvel avis de la commission des aides-soignants.

Pour aller plus loin : articles L. 4392-2, R. 4392-1 et suivants renvoyant aux articles R. 4311-35 et R. 4311-36 du code de la santé publique et arrêté du 24 mars 2010.

c. Voies de recours

Centre d’assistance français

Le Centre ENIC-NARIC est le centre français d’informations sur la reconnaissance académique et professionnelle des diplômes.

SOLVIT

SOLVIT est un service fourni par l’Administration nationale de chaque État membre de l’Union européenne ou partie à l’accord sur l’EEE. Son objectif est de trouver une solution à un différend opposant un ressortissant de l’UE à l’Administration d’un autre de ces États. SOLVIT intervient notamment en matière de reconnaissance des qualifications professionnelles.

Conditions : l’intéressé ne peut recourir à SOLVIT que s’il établit :

  • que l’Administration publique d’un État de l’UE n’a pas respecté les droits que la législation européenne lui confère en tant que citoyen ou entreprise d’un autre État de l’UE ;
  • et qu’il n’a pas déjà initié d’action judiciaire (le recours administratif n’est pas considéré comme tel).

Procédure : le ressortissant doit remplir un formulaire de plainte en ligne.

Une fois son dossier transmis, SOLVIT le contacte dans un délai d’une semaine pour demander, si besoin, des informations supplémentaires et pour vérifier que le problème relève bien de sa compétence.

Pièces justificatives : pour saisir SOLVIT, le ressortissant doit communiquer :

  • ses coordonnées complètes ;
  • la description détaillée de son problème ;
  • l’ensemble des éléments de preuve du dossier (par exemple, la correspondance et les décisions reçues de l’autorité administrative concernée).

Délai: SOLVIT s’engage à trouver une solution dans un délai de dix semaines à compter du jour de la prise en charge du dossier par le centre SOLVIT du pays dans lequel est survenu le problème.

Coût : gratuit.

Issue de la procédure : à l’issue du délai de dix semaines, le SOLVIT présente une solution :

  • si cette solution règle le différend portant sur l’application du droit européen, la solution est acceptée et le dossier est clos ;
  • s’il n’y a pas de solution, le dossier est clos comme non résolu et renvoyé vers la Commission européenne.

Informations supplémentaires : SOLVIT en France : Secrétariat général des affaires européennes, 68 rue de Bellechasse, 75700 Paris, site officiel).

Mis à jour le 22/03/2017